C'était les vacances, seule dans ma chambre d'hôtel, j'ai chaté  sur sensas matin et soir entre deux sorties pour visiter la ville. Un homme charmant, parisien agréable, a su me convaincre de le rencontrer à mon retour.

 

Je le connaissais déjà avant de le voir, il avait pris soin de m'adresser une photo de lui tout en disant qu'il était affreux. Ce que j'en avais vu me faisait penser que non et je lui avais commenté sa photo en lui signalant juste qu'il manquait un petit bout du haut de sa tête. Cheveux blancs et yeux très bleus. Clair, le bleu de ses yeux, comme un ciel limpide, pas comme le mien qui évoque plus la tempête.

 

Voilà, c'est dit, nous avons rendez-vous dans un café rue Daguerre pour prendre un verre à 12h30, car bien qu'il ne soit pas espagnol, ce n'est pas l'heure de déjeuner pour S.

Il me l'a dit, il aime les déjeuners tardifs. Nous aurons peu de temps, il a un rendez-vous vers 15 heures. Prudence ou réalité, la question m'effleure l'esprit mais je l'écarte aussitôt, peu importe, profitons de l'instant.

D'ailleurs, je suis heureuse du lieu choisi, j'aime ce quartier, j'y ai de jolis souvenirs avec un autre passionné de cinéma qui m'avait parlé d'Agnès V. et de Jacquot de Nantes.

Ce n'est pas trop loin de chez moi, mais je m'y rendrai en voiture, il fait trop chaud et je ne veux pas être moite... enfin, pas tout de suite.

 

Notre dernière conversation avait porté sur la féminité et j'avais bien compris que S. aimait les femmes-femmes avec tous les attributs qui les caractérisent dans notre milieu.

J'ai donc pris soin de ma toilette, comme pour un rendez-vous de soumise. Après m'être assurée d'être bien lisse, je me suis coiffée, parfumée, maquillée légèrement. Pas besoin de blush mes couleurs naturelles sont suffisantes pour me donner bonne mine. Une jupe ample un peu longue et un petit haut noir, des chaussures à talons haut... sans oublier un soutien gorge et un string rouges, me voici fin prête.

 

Je pars tôt, je n'aime pas courir, je serai en avance, mais peu importe. Mille idées se bousculent dans ma tête, vais-je lui plaire ? Va-t-il me plaire ? Suis-je prête à entreprendre une nouvelle aventure ? Stop, plus de question, le téléphone sonne, c'est S. il aura un petit quart d'heure de retard. Je lui réponds, ce n'est pas grave, je l'attendrai à l'intérieur du café. J'arrive, je m'installe à une table pas très confortable, c'est l'heure du repas et tous les coins sympa sont réservés. Je commande de l'eau à bulle bien fraîche. Je la déguste doucement en attendant l'arrivée de l'homme mystère.

 

Le voici, il arrive et tout de suite nos regards se croisent et se reconnaissent. Il a des yeux magnifiques en regard profond, un visage un peu diabolique à la Orson Welles, quelque chose de luciférien dans les sourcils. Mais il n’est pas inquiétant son visage montre une certaine tendresse. Nous nous saluons cordialement, il prend les choses en mains rapidement, c'est tôt, mais il déjeunera malgré tout, je souris intérieurement c’est bon signe s’il déroge à ses règles, qui pourraient bien être tout à fait diplomatiques au cas où la convive ne lui plairait  pas. Il est adaptable cet homme.

Nous changeons donc de table pour nous installer plus confortablement à la terrasse. Nous somme grands tous les deux, et comme nous sommes installés à angle droit, nos genoux rentrent en contact immédiatement.

D'ordinaire, je fuirai ce contact avec un inconnu, mais là non, je me sens bien, je crois que s’il le souhaite nous pourrons converser ensemble un petit moment et puis je n'ai pas envie de me contorsionner pour l'éviter et la chaleur de sa cuisse contre la mienne me plaît beaucoup. En fait, j’ai très envie d’être proche de lui et  de l’écouter nos regards l’un dans l’autre.

Nous passons la commande, une assiette différente pour picorer chez l'autre... C'est son idée, je la trouve très sensuelle... déjà. Un pot de vin rouge frais, c'est le bonheur !

Trinquons ! Yeux dans les yeux, le ciel calme et la tempête ne voudraient surtout pas se porter malheur, alors ils se fixent d'un air complice. C

 

Et puis nous commençons à deviser tranquillement, je lui raconte mon petit passé de soumise, ma dernière histoire en pointillé et finissante par absence, mes amours vanille finissantes également, un peu de mon métier mais pas trop... et  S. parle aussi de son métier, de ses nouveaux centres d'intérêts qui l'amènent à partir loin... de son vécu dans le quartier, de son déménagement et des petits commerçants chez qui il se fournit toujours. De son appartement à côté de la bibliothèque de France, de sa terrasse sur laquelle il fait bon prendre le frais à la tombée de la nuit.

 

Notre conversation est calme et sereine, mais je sens monter en moi un désir plus sensuel, j'ai envie de le toucher, je profite d'une ou deux occasions pour poser ma main sur son bras. Nos têtes se rapprochent de façon complice, je lui prépare un petit toast et je lui tends, il l'accepte et ouvre la bouche pour que je l'y dépose. Cela me plaît de faire ce geste quelle qu'en soit la signification. Nous sommes bien. Je recommence, cela lui plait, je le sens…

 

Le temps passe vite, mais malgré tout je ne résiste pas à une glace, un vrai péché mignon, épice et coco. S. goûte à mes épices mais n'aime pas la noix de coco.

Café, l'addition, il est temps de se séparer... Nous reverrons nous ? A ce moment précis je n'en sais rien, mais tout de suite levés, S me demande où est ma voiture, il va m'y accompagner... Ouffff, nous nous reverrons et nous allons poursuivre un peu notre conversation. Il me montre tous les cafés bars à vin qu'il faut connaître dans le quartier. Nous arrivons à la voiture, je vais le déposer à la sienne... Il est presque en retard.

 

Je boucle ma ceinture, lui la sienne, nous nous regardons et nous remercions mutuellement... Nos têtes se rapprochent à nouveau comme au restaurant, mais là ce ne sont pas des nourritures terrestres que nous partageons. Nous goûtons nos saveurs. Sa langue pénètre ma bouche avec fermeté. Les frissons et le silence sont de mise maintenant. Nous échangeons des caresses moi sur sa tête lui sur mes seins... Je suis encore un peu timide, mais il semble que S apprécie ma plastique. Je suis en émois et l'envie me prend de l’aider à atteindre son but, mais j'y résiste, nous avons peu de temps et je n'aime pas bâcler. Je sais maintenant que nous nous reverrons, donc pas de précipitation... Je me sens bien et la chaleur que je ressens ne doit pas grand chose au soleil de ce premier jour d'Août.

 

Et puis nous partons vers sa voiture, derniers baisers glanés sur nos lèvres, nos langues se mélangent à nouveau avant que de se quitter momentanément.

S a disparu de ma vie depuis lors... mais pas le bleu, j'en ai retrouvé un qui me tenait à coeur.

Juillet 2008

Par Emoisdelle - Publié dans : Ephémères
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