J’étais arrivée stressée, tendue après quelques jours de silence qui avaient créé la distance.
Tu vas bien ? Me disait-il. Oui, je vais bien… soufflais-je d’un trait sans m’appesantir.
Oui. Je vais bien… mon corps est entier, pas de maladie grave, sauf si l’ébullition cérébrale en est une.
A-t-il toujours envie ? Je n’en suis plus sûre.
Qu’elle est ma place ? Je ne le sais plus vraiment.
Depuis que je savais qu’il vivait d’autres émotions intenses ailleurs, j’avançais sur des montagnes russes… up and down. Un silence prolongé me rendait triste et inquiète, un mot doux même bref me rendait joyeuse. Son pluriel dont je ne voulais rien savoir, et si peu caché, me mettait en état d’insécurité.
Et pourtant, je ne désirais pas qu’il devienne exclusif, juste de ne pas me sentir remisée en attendant les beaux jours. J’avais besoin d’un lien fort, de le sentir désirant.

Nous eûmes une conversation engageant son futur, un futur où je figurais. Il prévoyait de laisser son passif sur place et d’emporter ses amitiés sincères au bout de la terre. Il voulait que je fasse partie de son voyage.

Nous avions poursuivi notre conversation dans une vague cantine chinoise. Il était temps de dormir ; demain lever aux aurores, il fallait qu’il soit en forme.
Je m’apprêtais à me lover dans ma position favorite pour le sommeil, quand il m’attrapa et m’engagea fermement à me rapprocher de lui. Embrassades fougueuses, suivies d’une fusion nocturne à la recherche de son plaisir.
Il faut dire que j’aime le servir de cette façon et qu’il le sait.
Nous allions nous endormir… c’est à ce moment que j’entendis sa voix me dire « j’ai envie de t’attacher ». « Maintenant ? Mais il faut dormir » « Oui maintenant, j’en ai trop envie ».

Il était debout, sortant les cordes de son sac à malice. Encore allongée sur le lit, mon bras gauche fut vite placé en extension et maintenu par un bout accroché à un piton judicieusement fiché dans le mur au dessus de la tête du lit. La jambe gauche repliée et immobilisée fut liée à mon épaule. Mon bras, maintenu par plusieurs passages de corde figurait un mat et ses haubans. J’étais le navire.
Mes deux pieds soudés l’un à l’autre, il continuait son tissage. Il ne cherchait pas à faire esthétique. Je percevais sa volonté de me placer sous sa contrainte.
La corde remontait jusqu’à mon bras droit, placé à son tour en extension, et était arrimée au pied du lit. J’étais le navire ancré à son point de mouillage.
Il s’approcha de moi, écartait mes cuisses et me caressait. Il m’embrassa à nouveau. Puis il s’allongea pour me serrer avec une grande tendresse et me murmurer des mos doux. Son corps pesait sur la corde fixée au pied du lit et accroissait sa tension. Je ressentais un mélange contrasté de sensations physiques et cérébrales. J’étais à sa merci. Soulagée, détendue, libérée bien qu’entravée.
Comme toujours, le retour en arrière fut intense. Le froid et un sentiment de fragilité étaient mélangés à une sensation de bien-être.

A présent, nous pouvions dormir et poursuivre notre route ensemble.

Emoisdelle, Octobre 2015

PS : Cheminer au côté de mon Maître, n’est, ne sera pas facile. Il y aura des nouveaux moments de doute. Pourtant, même sans les cordes, je lui suis attachée « la laisse est invisible mais très solide ». Parce qu’il est lui, parce que je suis moi.

Par Emoisdelle - Publié dans : La niche - Communauté : Soumission et appartenance
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