Célibataire endurcie, elle l’était. Indépendante, libre, se voulant sans attache. Tout dans son éducation la préparait à être autonome.
Et pourtant, dans sa prime jeunesse, elle avait aimé follement un maître, un professeur de 20 ans plus âgé qu’elle. Ils consommèrent leur union sans grande fantaisie, elle était vierge, il la respectait et ne la bouscula guère.
A peine sortie de l’adolescence, elle aurait pu tout abandonner pour le suivre. Ses études, son avenir personnel… Mais, il l’avait écartée en douceur, l’avait renvoyée à ses études en plaidant pour son propre célibat et sur leur improbable avenir. Et pour couper le lien tout à fait, il se dit amoureux de sa meilleure amie, qui ne voulut pas de lui…
Elle eut le cœur brisée, pleura beaucoup mais repris le cours de sa vie en se disant que plus jamais elle n’aimerait.
Elle ne savait pas qu’après avoir rencontré un jeune étudiant qui lui fit vivre ses premières expériences sexuelles hors les sentiers battus, elle tomberait de nouveau en amour.
Un amour de nouveau impossible, un être charmant, charmeur, papillonnant. Elle avait eu le coup de foudre, elle lui ouvrit son cœur, sa vie, et lui le papillon s’envolait de fleur en fleur avant de revenir au logis, pour finir par ne plus réapparaitre.
Elle n’était décidément pas très douée dans sa vie sentimentale.
Elle décida alors qu’elle ne serait à personne, qu’elle n’aimerait plus personne. Elle se retourna en arrière et repris le chemin que lui avait tracé son éducation…

Tu seras un homme, ma fille !

De ce jour, elle travailla d’arrache-pied, construisit son avenir matériel. Une sorte de nonne civile ?
Non, elle aimait la fréquentation des hommes. Elle les fréquenta. Un peu, beaucoup, mais elle se fixa quelques règles du jeu sous forme de cailloux blancs qu’elle conservait dans ses poches et qui lui permettait de toujours retrouver son état initial. Elle garantissait le retour en arrière.
Parmi ces petits cailloux, il y avait celui qui disait :
« choisis-le indisponible », marié si possible, pas de risque de se retrouver en couple.
Et puis, celui qui murmurait : ne jamais dire « je t’aime »,
Celui, sévère et rigoureux, qui lui interdisait d’attendre patiemment que l’élu soit disponible « mène ta vie ma fille », n’attends pas, tant pis s’il appelle tu le verras plus tard !

Bien d’autres petits cailloux au fond de sa poche lui soufflait la conduite à tenir, mais le plus important c’était celui du secret, du cloisonnement. Que jamais, ses amis, sa famille, son milieu professionnel n’aient connaissance des relations qu’elle entretenait. Elle fuyait le poids social sur ses relations intimes, elle n’acceptait pas qu’on se mêle de ses affaires.

Elle vécut ainsi plus de 20 ans. Son entourage, contrairement à la tradition, ne lui proposait jamais de rencontrer des hommes. Il était convenu qu’elle n’en avait pas besoin, pressentant peut-être qu’elle gérait sa vie comme elle l’entendait et en tout état de cause, que ça ne les regardait pas.

Lestée de tous ces petits cailloux blancs qui lui permettaient de ne pas souffrir en cas de voyage de retour, elle mena une vie vanille sans engagement. Elle aimait bien les hommes avec qui elle jouait, elle les estimait, mais elle se sentait libre de son cœur. Elle n’avait plus mal, plus peur d’être abandonnée puisqu’elle ne s’engageait pas.

Et puis, un peu sur le tard, poussée par des pulsions irrépressibles, elle s’intéressa aux pratiques extrêmes… elle était tentée par l’exhibition, la fessée.

Elle entreprit alors une quête sur internet. Elle découvrit le monde du bdsm à travers plusieurs sites, plusieurs dominants. Elle en usa comme de ses amants vanille, surtout ne pas s’engager, ne pas aimer, vivre les moments sans se sentir liée à l’homme, objet de son désir. Petit à petit elle quitta le domaine vanille pour se consacrer uniquement au bdsm.
Les rencontres qu’elle fit alors lui permirent de se reconnaître comme soumise, d’assouvir une bonne part de ses fantasmes et pulsions sans grand risque. Mais elle continuait de penser très sincèrement que le rapport dominant/soumise ne pouvait pas être un rapport amoureux, elle pensait même que c’était contradictoire, néfaste à l’instauration d’un rapport D/s juste.

Elle continuait donc de transporter ses cailloux dans la poche et de vivre des histoires intenses mais sans grand avenir.

Vivant une histoire finissante avec un dominant qui lui avait révélé ses aspirations de soumission qu’elle ne pouvait satisfaire, elle échangeait avec un autre dominant sur un site bdsm. Des échanges distants dans le temps, peu réguliers mais axés sur une conversation libre, drôle et parfois provocante.
Il lui donna même un nom qu’elle jugea ridicule et qui la fit beaucoup rire « niche », elle pouvait rêver mieux.

La conversation s’intensifia, une rencontre fut décidée à la fin d’un hiver. Elle se rendit au domicile du monsieur, habillée comme il convient pour une soumise, jupe, chemisier, bas, corset, talons, coiffée d’un chapeau et maquillée. Elle savait pourtant qu’il n’aimait pas le maquillage. Venu la chercher à la gare, il la conduisit à sa voiture. La fit asseoir, lui retira son chapeau, la regarda intensément et lui tendit un mouchoir en lui demandant fermement d’ôter son maquillage.

Il prenait possession d’elle. Elle ne résista pas et obtempéra. Leur premier rendez-vous fut suivi d’un autre, puis d’un autre encore… Les liens se nouèrent.
Elle se voulait une soumise debout, il la transforma en chienne docile.
Elle déclarait ne pas vouloir servir, elle se mit à son service avec plaisir, se surprenant même à aimer les tâches ménagères.
Elle supporta la volonté de son Maître d’être libre de ses engagements tout en s’attachant à lui.
Elle, qui se voulait égale de l’homme se libéra de ses autres liens pour lui appartenir en exclusivité,
Elle, qui  ressentait un sentiment de jalousie exacerbé aiguillonnée par la peur de l’abandon, travailla à le rendre inoffensif en lui confiant ses peurs, ses larmes, ses émotions.
Elle qui fixait certaines limites lui donna, yeux dans les yeux, les signes nécessaires quand elle se sentit prête à les dépasser. Il lui permit de les dépasser.
Elle l’aima et lui dit qu’elle l’aimait.

Lui, lui avait dit qu’elle était sa chose, son rien, que leur relation serait dissymétriques. Et il l’avait apprivoisée, mis dans son giron, ouvert les portes de son univers. Il lui avait fait partager la délicatesse et la finesse de son esprit, fait découvrir son immense culture. Il l’avait intégrée dans sa vie, et petit à petit dans son univers familial.

Alors, elle s’ouvrit et mit fin au secret, avoua son lien au monde entier, son amour pour cet homme. Elle avait jeté ses petits cailloux blancs au fur et à mesure de leurs rencontres, de la levée des barrières qu’elle s’était construites.
Plus tard dans leur histoire, lui le libertaire non exclusif l’aima aussi, lui dit qu’il l’aimait. Elle, qu’il avait reconnue pour son esclave, pour sa soumise mais aussi comme une femme intelligente et drôle.
Elle le crut.

Aujourd’hui elle est sa niche, il est son Maître, elle lui appartient totalement sans exigences de possession mais avec amour.

Par Emoisdelle - Publié dans : La niche - Communauté : Soumission et appartenance
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